United 328 : la défaillance de trop ?

Décidément, l’aviation américaine cumule les difficultés. Après les déboires du 737 Max, dont les autorisations de vol sont progressivement réattribuées, c’est un vol United Airlines au-dessus du Colorado qui a récemment fait la Une des médias. Et c’est encore un Boeing, 777 en l’occurrence, qui souffre. Les images ont fait le tour du monde : ceux des passagers du vol 328 en partance de Denver qui ont filmé en cours de vol le réacteur en feu du 777, un Pratt & Whitney 4077.

© NTSB

Certes, si le vol s’est terminé sans aucun dommages autre que matériel, la question reste ouverte sur la capacité du réacteur à pouvoir assurer un service fiable. Comme le rapporte notre confrère Aviation Week, c’est le troisième incident de ce type sur ce moteur. Le premier fut d’abord une défaillance en février 2018. La deuxième, en décembre 2020. À chaque fois, elles sont imputables à de l’usure des pales 112 pouces du même PW4077.

Y’a-t-il eu négligence ? Selon les enquêtes préliminaires du NTSB (National Transportation Safety Board), non. Toutefois, on ne saurait écarter d’éventuelles problèmes de conception ou, a posteriori, de fiabilité des inspections.

© NTSB

Pourtant, le moteur en question n’avait pas effectué 3000 cycles et avait été examiné en 2014, 2016 et 2018. Les enquêtes préalables sur les deux premiers événements ont également conduit à resserrer les cycles de révision. Sur les 9600 pales révisées, 300 ont ainsi été sorties du circuit. Le constructeur préconisé également une révision tous les 6500 cycles puis 1500 cycles au regard des récents événements, avant même de descendre à 1000 cycles en tout dernier ressort. Les intentions du constructeur sont donc particulièrement vigilantes mais, en ce cas, pourquoi une pale avec près de 3000 cycles a-t-elle pu passer au travers d’émail de l’inspection ?

Les conclusions préliminaires du NTSB font état d’un bon fonctionnement du réacteur face à ce type de défaillance, notamment avec un feu moteur parfaitement circonscrit grâce à la coupure carburant. Reste néanmoins l’image véhiculée par ce type d’événement qui, toujours très impressionnant, fait le tour des réseaux sociaux et n’encourage pas spécialement la reprise du transport aérien.

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